04 février 2008
Frites



Il fait nuit noire.Je roule depuis plusieurs heures
Un but pour couper l'ennui de la longue route sans fin:
DES FRITES.
En le prononçant,ce mot évoque des images rassurantes.
Ce que je ressens n'est pas perçu de la même manière
par les autres voyageurs.
Non au restoroute.
Non aux néons d'un lieu insipide.
Non à l'endroit surchauffé présentant
une carte où les mets se ressemblent,
s'assemble et se détruisent.
Je veux:le froid piquand de la nuit dans le dos;
l'air mouillé après la pluie;les mains transies qui cherchent
le réconfort.L'attente dans la pénombre.Le choix difficile d'une
sauce qui sera rajoutée sur les frites;en quantité exagérée
si la grosse dame ,derrière son comptoir,sent mon désir de trop.
Puis, le cornet tendu,les mains qui le prennent et cette sensation
indiscriptible de bien-être,réconfort grâce au paquet brûlant
sur les doigts froids.
Après il y a le choix de la frite au milieu,celle qui a reçu le plus
de sauce.L'économie de cette sauce;en garder pour la fin.
Pour les petits morceaux croustillants au fond du paquet.
Finir un peu écoeurée,l'esprit léger de satisfaction.
Un moment de vie senti.
Isabelle Auquier.(Pensées d'une cuisinière)


